Le mot de la créatrice

Tout a commencé un soir, devant la télévision, avec ma maman. C'était la période de Noël, et les publicités pour les jouets envahissaient le petit écran. Une pub est passée pour un jeu éducatif bilingue, français et anglais. Et moi, comme souvent, je n'ai pas pu m'empêcher de râler.

Pourquoi toujours l'anglais ? Pourquoi jamais les autres langues, celles qui comptent tout autant pour tant de familles ?

À l'époque, je n'avais pas encore d'enfants. Mais je me suis surprise à imaginer les miens, plus tard, grandissant avec les deux cultures de leurs parents, la mienne, et celle de mon mari, tunisien. L'idée d'un livre qui parlerait plusieurs langues à la fois a germé ce soir-là. Puis la vie a suivi son cours.

Aujourd'hui, j'ai deux enfants. Et malgré toute ma bonne volonté, entre le quotidien qui s'accélère et les habitudes qui s'installent, ils ne connaissent encore que quelques mots d'arabe. Comme beaucoup de parents, j'ai réalisé qu'il ne suffit pas de vouloir transmettre une langue, il faut aussi s'en donner les moyens, et parfois un peu d'aide.

C'est de ce constat, tout simple mais universel, qu'est né My Little Bichou.

Nos livres racontent une même histoire, dans deux langues, pour que chaque soir, un parent différent puisse la lire, ou pour qu'un même parent alterne, semaine après semaine. Une manière douce de transmettre une langue, qu'elle soit celle des parents, des grands-parents, du pays où l'on vit, ou simplement celle qu'on rêve d'offrir à son enfant.

Au-delà des langues, chaque histoire porte une valeur : la famille, la persévérance, le partage, la bienveillance, le courage. C'est aussi l'occasion, page après page, d'éveiller les tout-petits à la beauté de la nature et à la fragilité de certaines espèces, pour qu'ils apprennent, tout doucement, à en prendre soin.

Bichou, Tétine et Doudou, c'est le nom qui me tenait à cœur depuis le début et c'est une phrase que j'ai beaucoup répété en tant que maman. Aujourd'hui, c'est celui de notre collection, et l'histoire d'une envie simple : redonner ses lettres de noblesse au rituel de l'histoire du soir, un soir, une langue, un lien à la fois.